07.10.2005
Quartier Haute Sécurité
Premières prémices de l'hiver
Emporté par les premiers émois d'Auguste l'estival, j'avais perdu de vue la machine bien huilée qui m'entourait, j'avais perdu de vue le boulon minuscule que je formais dans des rouages qui m'échappaient. Ainsi, les premières réticences cérébrales sont intervenues. Quelques deux semaines après le feu d'artifice d'ivresse de la pendaison de crémaillère, j'ai pris un vilain de coup de sobriété sur le pif, une méchante crise de monotonie. Je ne m'en suis toujours pas relevé et les jours continuent à passer comme des cases remplies d´hôtels du Monopoly. Le week-end je passe par la case départ, reprend de quoi survivre un tour de plus mais mon moral est en dettes : il me faudrait quelques vacances en case chance pour récupérer quelque impertinence délaissée sur les aiguilles de l'horloge de ma vie.
Le salaire de la peur
D'Alcobendas, ancien lieu de labeur, centre vital madrilène de Neoris, j'ai migré vers le coeur de Madrid...chez les affreux clients, les méchants bonhommes qui sont jamais contents. Depuis, j'ai pris mon habit de lumière : de roots bozzo, chemise sur les cuisses, coiffure de réveil, je me suis mué en bcbg bozzo, chemise sur les couilles, coiffure de gay et cravate en guise de corde autour du cou. Le peuple des clients m'a adopté comme meuble d'apparat au milieu d'une grande table familiale d'aspect. Constamment bercé par le rythme des sonneries de téléphone et par l'accent insupportable de la mexicaine postée derrière ma nuque, j'ai le cul plus que jamais vissé sur mon siège : mon bon Jésus ne me rend qu'une visite quotidienne le midi, pour la réunion Tupperware de survie. Ce bougre m'a hélé depuis sa grotte pour que je me rapproche de ses pas et tout ce qu'il a récolté c'est de rester seul dans l'antre du fric, la grande réserve de flouze : le terminal de camions de PROSEGUR (le client, la BRINKS en Espagne en quelque sorte). J'ai déjà eu l'honneur de côtoyer cet énorme champ de blé et ses ouvriers armés qui le brassent à longueur de journée : les camions sont garés dans un hangar en deux longues files d'une trentaine d'unités chacune, chaque camion est constitué de 3 convoyeurs aguerris à l'art de la méfiance et armés jusqu'aux dents et la grotte de Jésus, la salle de collecte des données, est en plein milieu de tout ça, dans un endroit sans lumière, inondé de sécurité et de mal être ambiant. Lundi prochain, rendez-vous 6h15, dans cet antre de la peur...
15:50 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Utt Power3
Commentaires
Inquiétant...
Ecrit par : reno | 24.10.2005
Le jeune padawan Bozzo va-t-il se faire corrompre par le coté obscur de la force?
Déjà les malignes manoeuvres du christ (hanté?) emmènent notre jeune héros aux bords du fleuve tentation.
Bozzo va-t-il braver son destin ou bien le nerf de la guerre deviendra-t-il son talon d’Achille ?
tintinTINTIN !!!!
La suite au prochaine épisode. (que je ne manquerai pour rien au monde et vous ?)
Ecrit par : Mush | 25.10.2005
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