14.11.2005

Retour vers les tapas

Y a trop d'huile sur mon feu!

De l'extérieur, les voitures qui brûlent en France font paraître le feu de changement d'un système qui se fissure chaque jour un peu plus. De l'intérieur, ou du moins de son ministère, les flammes atteignent les français à l'orgueil patriotique et à leur (il)légitime peur défensive. Sarko s'insinue dans la sueur qui coule dans le dos de chacun et renforce les poussées de fièvre de péquenots ignorants, effrayés par une meute enragée de jeunes autres mécréants, fils cachés d'une relation adultère entre la France et ses plus grands pêchés. Le vice n'est certes pas uniquement français, mais la puanteur que dégage ces premiers signes d'un écroulement par le bas infecte atrocement mes narines vierges d'injustice et encore habituées aux doux parfums idéologiques.

Sans le souffle

Depuis un mois que je suis à PROSEGUR, j'ai ralenti mon rythme de vie. Malheureusement, j'ai oublié de prendre une bouffée d'air et l'apnée dans laquelle je suis entrée comprime mes sens d'une manière trop brutale pour un feignant comme moi, tout sauf adepte de la vie matinale.

6h30, l'heure des autres

Le premier métro arrive à 6h05 et est rempli à moyenne contenance des gens dont les fils brûleront sans aucun doute des voitures. Jogging sobre, coiffure oubliée au pieu, cernes jusqu'au bout du menton, la jungle du matin est un mélange amer de types basanés, figures mal rasées, "sacs à dos de travail" bon marché, gorges raclées, bruyants reniflements incontrôlés...Bref un tableau qui, dans son ensemble, inspire  la pitié. En un mois, pas un équivalent à mon costard-cravate, pour un temps volontairement négligé, dans cet univers glauque gisant dans les profondeurs abyssales d'un système rayonnant (?). A l'arrivée au boulot, je prends ma place dans un coin de la minuscule salle de planification jouxtant l'immense hangar des camions jaunes de PROSEGUR. Je vois défiler pendant une heure la joyeuse troupe des convoyeurs de fonds avec leurs blagues vachardes sur les meufs, leur clope au bec et leur toux ininterrompue. Quand tout ce beau monde est parti, je prends le café du matin dans le bar d'à côté avec les compagnons de l'aurore. Réel plaisir que cet instant, récompense d'un sacrifice de quelques heures de sommeil : le café est accompagné de deux tranches de pains soigneusement grillées auxquelles il faut manuellement ajouter une huile d'olive divinement appropriée et un jus de tomate encore épais et délicieusement frais. L'estomac récompensé, la journée se poursuit avec une fatigue croissant d'heure en heure avant que le gong de 17h vienne sonner le glas de mon sommeil et que mon lit récupère son prisonnier favori, décidément trop souvent évadé. L'heure du coucher est naturellement avancée vers 23h, juste après le dîner : bref en semaine, tristes soirées. La bonne nouvelle est que tout ça va changer : le réveil sonnera plus tard dans peu de temps...

Jesus is gone

Pourquoi plus tard? Parce que le prophète est parti. Jésus s'en est allé vers d'autres cieux, me laissant sa croix et son oeuvre. Difficile de remplacer une idole et pour m'acquitter de cette tâche, Neoris m'a attribué un autre stagiaire. Du coup, de stagiaire, je passe au statut de super-stagiaire : plus de maître de stage, un stagiaire à mes côtés et un éventail de connaissances à distribuer. La compensation est venue des puissances diurnes qui m'arrachent cette semaine au côté obscur. Finies les "pan con tomate" du matin, vive le retour des "tapas-cervezas" du soir!

Visite en amis

Et le divertissement de ce mois vint de la visite d'un bataillon de français dans le petit piso qui est le mien. Deux par deux, la main dans la main, mais en rangs serrés, Renaud et Carole, Romano et Galette, Bono et Claire, Rodrigo et Paola ont enchanté les lieux pendant 4 jours. Bon, ça m'a fait bien mal à la santé (suivit une nuit de 17 heures de dodo le week-end suivant) mais un bon gros coup de boost au moral. Celui-là, je l'ai récupéré au fond des chaussettes, et bien que je regrette qu'il passe très peu au niveau du caleçon, sa place est désormais au niveau du visage sur lequel il a justement repris sa place.

A suivre...

Prochainement donc, retour à la vie normale, retour de textes plus épicés et plus déjantés (pardonnez l'absence de note : la prose se repose en même temps que le corps s'endort). En attendant, bises aux fonfons et aux autres aussi.

Commentaires

Wa ! Bozzo super-stagiaire.... la grande classe ! Moi je dis chapeau môssieur !!! Et en plus de te donner le boulot de Jesus, ils te donnent la paie de Jesus aussi ou bien juste sa couronne d'epine et sa croix ? ;-)
En tout cas c'est cool, ca annonce le retour de longues notes bien litteraires a souhait sur ce blog.... j'suis vraiment fan !
Bien l'bonjour a tous les madrilenes ! Au fait, tu vas pas voir real-lyon mercredi prochain par hasard ?....
Soso

Ecrit par : soso | 17.11.2005

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