16.01.2006

A l'eau de rose, ça sent bon le foin

Des notes si lointaines nous séparent, qu'une note classique ne me paraît pas indispensable. Après un court interlude relatant le dialogue vide et chaud comme un cucu d'après café clope de deux gros nazes pas si nazes, nous reviendrons sur leurs itinéraires d'enfants plus que dégoûtés. Si vous trouvez ça chiant, tracez une ligne verticale au milieu de l'écran et louchez...j'ai travaillé dur sur ce nouveau système d'écriture, prenez la peine de bien bigler.

Moteur, action!

Deux potes en larmes, aux armes! Les filles les niquent, aïe! Qui a dit que le derrière était l'endroit le plus douloureux. Vise le coeur, c'est là que ça fait mal. Les mots sont une balle, les actes une bombe : c'est l'histoire de deux pauvres bougres dont on comprend pas bien les mésaventures mais dont on devine le coup de tatane dans le coeur qu'ils ont reçus.

"Comment tu vas?"
- Moyen...
- Pourquoi? A cause du travail, des filles...à cause de quoi?
- Non, le travail ça va...
- Merde, t'es encore miné pour samedi soir...
- Putain, c'est que c'est dur...c'est vraiment dur! Je crois que je vais avoir besoin d'une bonne semaine pour récupérer. Et après seulement, je recommencerai à sourire...quoique le sourire je ne l'ais jamais vraiment perdu." Il sourit. "Tu vois?
- Ha ha ha!
- J'ai vu Céline ce matin, très furtivement. Putain, comme c'est difficile...je crois que je suis un connard de l'amour. Elle m'a dit : "Salut". Et moi je ne lui ai pas répondu. Je suis parti sans même la regarder, ni même lui dire au revoir.
- Tu ne lui as même pas répondu?
- Non. J'ai réfléchi à tout ça hier soir...et si je continue à écouter mon coeur, je vais encore finir à ramasser par terre les restes de mon âme.Non, cette fois, je préfère suivre la voix de la raison. C'est mille fois mieux.
- Tu sais, mois aussi je devrais faire ça. Je veux dire avec Lucie...on a reparlé samedi dernier et j'ai halluciné...             - Tu dois faire la part des choses. A trop impliquer nos sentiments dans ces histoires-là, on fait des feux de joie avec nos coeurs.
- Ouais...je commence à penser que rien ne vaut une bonne et solide amitié, non? Enfin, pour sa part, parce que moi...ben, je me vois pas prendre un café, comme ça, tranquillement, avec son nouveau petit ami...

Le rire

Les deux rient. L'un plus fort et plus désagréablement que l'autre. Visiblement l'un est dérangé par l'autre, mais comme ce sont de bons amis, il passe outre et lui donne une tape dans le dos assez forte pour que l'autre arrête de se gausser comme un chimpanzé.

La philosophie du looser vraiment trop trop romantique

- Pffff...je te dis, je pense pouvoir pardonner n'importe quoi mais je pense aussi qu'il faut payer pour les dégâts engendrés. Le criminel de l'amour ne s'arrête pas à un seul acte : il n'y a pas de châtiments pour ceux qui s'attaquent au coeur des autres...
- Enfin bon samedi dernier, la petite Marie je l'avais dans le collimateur. Et toi aussi mon vieux, non?
- Non.
- Quoi, un petit peu, non?
- Je t'ai déjà dit. Marie est la meilleure amie de Céline. Si j'ai passé du temps avec elle, c'est surtout parce qu'elles en ont parlé ensemble et qu'au final, ben elle était triste pour moi. C'est qu'elle a eu une expérience assez difficile y a pas longtemps et elle aurait sans doute bien aimé avoir quelqu'un auprès d'elle quand ça allait  pas. Et dans mon cas, ce quelqu'un c'était elle. Et pour ça, je ne la remercierai jamais assez parce qu'elle m'a enlevé une part de la mélancolie qui s'est emparé de moi ce soir là.
- C'est vachement beau ce que tu dis. Moi, je la trouve vraiment belle cette fille(par contre ton histoire de coeur, je la trouve assez moche). En plus, elle a un corps de déesse. Je pense que t'avais tes chances...
- J'ai pas vu la même Marie que toi. La mienne, je la connais d'avant et , pour moi, ça reste la meilleure amie de Céline plus qu'autre chose. Quel type de mec je suis...putain!
- Ha ha ha!
- Je vis pas dans le bon monde. Dans le mien, il y a beaucoup plus d'amour et de respect.
- Et moi, dans quel monde je vis alors couillon?
- Dans le même que le mien mec : le monde de la candeur.

Funky epilogue

Les deux potes prirent une méchante cuite.
L'un sauta du balcon du 6ème étage de son immeuble, mais comme la mort ne voulait pas de lui, il atterrit sur ses deux pieds sans rien se casser. La salive de la mort dans la gorge, il prit une bouffée d'air de vie et décida de niquer ce monde de pourris.
L'autre se leva avec une méchante migraine de tête, prit son téléphone et appela un de ses contacts. L'appel consommé, il avait engagé un tueur à gages pour se faire exploser la cervelle bien comme il faut.
Deux jours plus tard, le canon d'un bon vieux pistolet de western lui frôlait la nuque. Dans un moment assez chiant, il se retourna et vit le visage éclairé d'une femme aux traits impeccables de L'Oreal Paris, elle le vaut bien. Je vous passe les détails, mais les balles ne firent pas de trous qui n'existaient pas déjà et tout finit en acte bien vivant et indécemment partagé.

Les lascars eurent des gosses, pas mal et un peu partout. L'un se laissa bercer par le flot morne de la fausse vraie vie des vrais faux gens, pendant que ses fils vengèrent une bonne partie des humiliations de leur daron, faisant pleurer plus d'une gazelle, comme les moeurs actuels (les rumeurs fictives) de cette jungle de socíeté le veulent. L'autre jongla entre ses différents voyages, les uns réels, les autres psychédéliques et finit gavé de sagesse, à la bouddha, en haut d'un arbre, en train de bouffer des bananes et de se laisser bercer par "Summertime" version Janis Joplin.

Deux exemples à méditer.

Vous avez lu jusque là, c'est bien. Vous avez louché, c'est mal, vous êtes bêtes et méchants, et vous finirez certainement très malheureux.