06.08.2007
On sort ensemble?
A partir de quel moment on sort ensemble? C'est con comme question, non? Mais pourtant qui ne se l'est jamais posée . Les plus aguerris te répondront toujours que c'est pas vraiment ce qui compte, c'est surtout le feeling qui compte et si ça doit aller plus loin, ben ça va plus loin. Ou tu peux dialoguer, savoir explicitement ce que veut l'autre, ce qui t'épargne toutes les emmerdes dues à ton imagination personnelle.
Mais, enfin bon, c'est cocasse cette situation. Parce qu'au final, comment deux personnes arrivent à devoir se rendre des comptes, parce qu'en fin de compte, c'est ça la ligne de démarcation entre une relation courte et une relation de "Elle c'est ma meuf, là. Eh ouais." Ce qui, traduit conceptuellement, signifierait: "Cette fille que tu vois là, on a un accord implicite de fidélité. Je lui dois des comptes et elle me doit des comptes. Je sais pas comment j'en suis arrivé là, mais en tout cas elle me doit des comptes. J'en suis fier, t'as vu?".
Le problème de cette absence de dialogue est qu'elle amène bien souvent à des confusions, voire des déceptions. "Ah non, mais c'est pas vraiment une relation. Ah, tu croyais que c'était une relation? Ooooh, comme c'est mignooooon." ou "Eh, mais tu t'es cru où là, d'où tu te permets embrasser cette fille là" - "Oh eh, on est pas ensemble à ce que je sache poupée." 'fin, des trucs cinglants dans ce style là.
Puis, l'expérience rend les jeunes pousses aguerris et l'accord mutuel ne vient que de l'évidence du fait accompli. "J'ai besoin d'elle" vs "J'ai besoin de lui". Quoique cette situation ne tombe jamais vraiment dans l'évidence, chacun pouvant se dédouaner de ce que l'autre aurait pu mal interprété, d'où des classiques tels que: "Je pensais que j'étais amoureux, mais je me suis trompé" ou "La passion du début n'est plus la même tu sais".
Vient alors le recours classique à un contrat pour se protéger les fesses d'un possible retour de bâton ou pour se convaincre de la sincérité du conjoint. Le mariage, possible parfait exemple d'emprisonnement des sentiments de l'autre, permet ainsi à chacun de se reposer sur des lois qui régissent la relation et non plus seulement sur la confiance mutuelle.
Enfin, le bébé permet d'achever l'emprisonnement des sentiments en mettant les parents comme base d'une famille et donc potentiel destructeur d'un nouvel édifice (et donc criminel, méchant, vilain, bouh!).
C'est raconté négativement, mais y a des fois où ça marche bien aussi. L'emprisonnement en est un seulement si les libertés de chacun des parents n'est pas remplacé par quelque chose d'autre au sein de la famille et que le sentiment de restriction dépasse celui d'apportation.
'fin, là, c'est comme ça que je le vois à ce moment précis. Tu vas voir que demain j'aurai changé d'avis et je l'écrirai...
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03.08.2007
Oh mon Dieu! et Satan sur le divan
Les deux personnes les plus chères à mon existence, Dieu et Satan, avachis sur le sofa du salon, attendent patiemment les coktails que je leur prépare (bloody mary et white russian, normal). Ca fait un paquet de temps qu'on parle de reboire ensemble et, passés les déboires de nos vies respectives, aujourd'hui il fait bon temps à deviser sur l'état du monde et se foutre un peu de la gueule de "ceux qui pètent plus haut que leur cul", comme dit Satan, poète.
"Je t'amène tout, tu te le sers toi même? Je sais pas comment tu le veux..." dis-je en tendant le bloody mary et ses ingrédients à Satan.
- "Gad'. Un peu de tabasco, un peu de céleri, poivre. Là." Il passe les lèvres sur les rebords du verre. "Là." Il me regarde d'un sourire moqueur, puis hoche la tête comme s'il semblait approuver le choix du cocktail.
- "C'est de l'alcool de jeune fille ton jus de tomate" lui assène Dieu. "C'est pas un crime ça, de mélanger de la vodka avec de la tomate? Ca me fout en l'air."
- "Je sais pas. Tu le málanges bien avec du kalua toi. De toute façon, quand Satan fait quelque chose, boit quelque chose, tu trouves toujours des choses à lui reprocher." lui réponds-je.
- "Sa mère la pute à Dieu!" dit Satan.
- "C'est un petit voyou. Il fait les choses à l'envers. Ce gars là c'est le vice incarné. Je sais pas ce que je déteste le plus chez lui: le fait qu'il en branle pas une ou sa manière hautaine de voir les choses."
- "Ouais, c'est pas faux. En même temps, c'est dans l'air du temps. Les gens s'identifient beaucoup plus à Satan qu'à toi ces derniers temps."
- "Il a raison. Ces chiens me portent haut dans leur coeur. Ils appliquent mes valeurs, pas les tiennes!." dit Satan en montrant la porte du doigt.
- "Qu'est-ce que tu dis...les gens n'ont que le mot Dieu à la bouche...lave-toi les oreilles démon..." lui répond Dieu un poil contrarié.
- "Pute. T'as pas remarqué que leur Dieu (Dieu pute!), comme tu dis, ressemble de plus en plus à ton cher pote rouquin (eh ouais, c'est oim)! Remplace Dieu par Satan et tu verras comme leurs propos prennent tout leur sens, ah ah ah, pute!"
- "Il a pas tort. Les gens ne défendent pas les mêmes valeurs que toi Dieu. Ton discours est dépassé." Je bois une gorgée de Mahou 5 Estrellas (les cocktails, je les laisse aux puissants). "Faudrait que t'adoucisses ton discours, que tu mettes de la flotte dans ton russian", dis-je en souriant ironiquement.
- "Vous êtes une belle paire d'enfoirés. Jusqu'à preuve du contraire, je suis le putain de patron de ce putain de zoo. T'vas voir...j'aurais vite fait de leur envoyer un de mes fils cachés pour leur ouvrir les yeux!"
- "Tes fils? Mais ils ont fait quoi tes fils, à part vivre une vie de starlette entourée de lèche-bottes à leurs services. C'est ça les valeurs que tu défends, conne de pute?" lui demande Satan, très justement.
- "On a dit pas les fils Satan...", lui dis-je. C'est vrai, on avait dit pas les fils et pas les femmes.
- "Sa pute de mère!"
- "Allons bon..."
- "Je peux pas contrôler tout ce que font mes fils, mais tu ne peux pas nier qu'ils ont fait des choses positives..."
- "Le coup de la mer ouverte en deux, ah ouais, la classe..." coupe Satan.
- "...et que malgré leur succès, ils ont su garder la tête froide et assumer le rang qui leur est dû."
- "Putain de politicard. Tu vois où ça te mène ce discours archaique. Tu perds le contrôle mon pote, ah ah ah!"
- "Il a pas tort." dis-je en sirotant ma Mahou.
- "Vous êtes pathétiques. Je m'en vais leur foutre un bon coup de pied au derrière à ces falsificateurs d'en bas. Ça va pas faire un pli."
- "Ouais, voilà. Ca c'est bien, mon dieu que c'est bien" dis-je en hochant la tête.
- "Botte-leur leur cul à ces fouteurs de merde, ah les putes!" ajoute Satan.
Puis, nous partîmes dans une crise de rire qui se prolongea tout au long du jour. Nous achevâmes les breuvages de mon frigo et nous partîmes botter le cul à ces connards d'humains. Une journée bien sympa en fait.
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